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Thérèse Fleury-Miserez, nécrologie, Franc-Montagnard 9 décembre 1997
Article mis en ligne le 30 décembre 2011

par Fleury Louis-Joseph

LAJOUX

Décès de Mme Thérèse Fleury-Miserez

Dans tes verts pâturages, je reposerai...

Ce cri venu du désert, cet espoir d’un monde meilleur convient particulièrement à Thérèse Fleury-Miserez.
Elle vient de nous quitter au seuil de ses 83 ans, après une longue et pénible maladie. Ses verts pâturages des Franches-Montagnes, où elle « savait » des champignons et des myrtilles, combien de fois les a-t-elle parcourus en tous sens ? Ils représentaient pour elle, avec les hautes joux de notre Jura, un espace de liberté qui lui permettait d’oublier les duretés de la vie.

En effet, la vie ne l’a pas ménagée. Dernière-née d’une famille de huit enfants, elle a fait preuve très tôt d’un caractère et d’une indépendance qui lui faisaient préférer les travaux de la campagne aux vertus ménagères. Durant la dernière guerre, elle s’engagea dans les auxiliaires sanitaires, à la fois pour rendre service et pour découvrir d’auftes horizons. Elle n’avait pas froid aux yeux et n’hésitait pas à franchir le Doubs, se rendre en France, à la barbe des occupants. Avec sa cousine, elle aidait un réfugié par-ci, faisait un peu de commerce par-Ïà. Les deux complices ont même eu la chance de pouvoir s’échapper après avoir été arrêtées par une patrouille.

La paix revenue, elle continue de servir dans des hôpitaux, en Valais, puis dans le Jura. Elle rencontrera ainsi son mari, Olivier Fleury et vivra avec lui cinq courtes années à Mervelier. De ce bref mariage naquirent trois fils, le dernier avait à peine une année quand elle se retrouva veuve, en 1949. A Fépoque, les sentiments ne comptaient guère par rapport aux réalités de la vie, elle eut la douleur de voir ses enfants partir pour être élevés ailleurs. Seul le plus petit restera avec elle.

Elle retourna à Lajoux, s’occuper de ses parents, déjà très âgés.

Pour gagner sa vie, elle s’engagea dans les fabriques d’horlogerie, où sa dextérité lui ouvrait bien des portes.
Retraitée depuis vingt ans, elle a eu le plaisir de voir grandir ses petits-enfants, de voyager pour rencontrer les nombreuses connaissances qu’elles s’étaient faites à travers la Suisse.

Parmi ses occupations favorites, elle trouvait dans le jeu de cartes, plaisir et fierté.

Elle s’en va aujourd’hui, après une vie faite de courage et d’abnégation.

A sa famille, ses enfants et petits-enfants, nous transmettons toute notre sympathie, (comm.)


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